GENRE ET DEVELOPPEMENT : Les enjeux pour le GRAIM

Comme dans la plupart des pays d’Afrique, les femmes sont faiblement associées au processus de décision, bien qu’ellesjouentun rôle prépondérant dans le développement socio-économique.Cette situation à des incidences sur le vécu des femmes et des hommes.
L’approche genre est promue, aujourd’hui, comme un instrument contribuant à réduire les inégalités, mais elle engendre différentesappréhensions. Elle constitue, en effet, une notion complexe, comprise de différentes manières. Cependant, son importance a fini de faire l’unanimité vue son impact positif sur le développement de la plupart des sociétés qui l’ont adoptée.C’est ce qui amène bon nombre d’acteurs ou d’organisations de développement à plus s’intéresser à l’approche et à l’intégrer dans leur stratégie d’intervention.Mais, auparavant, il a fallu clarifier davantage le concept de « genre » et de le différencier de la notion de « sexe » par rapport aux rôles et responsabilités dévolus aux hommes et aux femmes dans leur communauté. Ce qui a permis de déconstruire les stéréotypes et de ressortirles véritables enjeux liés au « genre ».
Tout récemment, le GRAIM s’est engagé avec l’ensemble de son personnel et les administrateurs à adopter, de manière claire et formelle, l’approche genre dans le cadre de la redéfinition de son projet politique. Ceci est le résultat d’un long processus, avec la formation sur le genre d’un membre de son personnel, en l’occurrence Mme Diao Diop Sall, grâce à la collaboration avec la Coopération belge,Enda GRAF Sahel et le Monde selon les femmes.Le GRAIMa, par ailleurs, bénéficié de l’appui technique de BroederlijkDelen (BD) à traversMariekesKruis,en sa qualité de coopérante pour le compte de l’organisation belge.
Dès lors, le GRAIM, convaincu de la plus-value que pourrait apporter cette approche, s’est attelé à formuler sa politique genre. Il s’est d’abord agit de faire le diagnostic de l’organisation, comme première étape.Ce diagnostic a permis de jauger la sensibilité du GRAIM et de son équipeconcernant le concepten lien avec la stratégie d’intervention et les activités sur le terrain. Les étapes suivantes ont été la mise à niveau du personnel sur l’approche genre, la mise en place d’un comité restreint pour l’élaboration de la proposition de politique genre.
Sur le plan des programmes, l’intégration de l’approche genre, a pour objectif de permettre au GRAIM de mieux prendre en compte, non seulement les besoins pratiques mais aussi les intérêts stratégiques des bénéficiaires, surtout par rapport à la participation équitable dans les instances de décision ainsi qu’à l’accès et au contrôle des ressources.
Mais que recouvre réellement ce concept ? D’où vient « le genre » ?Le terme traduit plusieurs réalités, ce qui exige un petit détour par l’histoire. La distinction entre « sexe » et « genre » est d’abord apparue dans les années 1950, avec les travaux de deux Américains, le psychologue John Money et le psychiatre Robert Stoller, sur des cas d’hermaphrodisme et de transsexualité. Tous deux concluent à la nécessité de distinguer le sexe biologique de l’identité sexuelle dans laquelle on se reconnaît.Dans son ouvrage Sex and gender, Robert Stoller souligne ainsi qu’outre la dimension biologique – chromosomique, hormonale, anatomique –, il y a le vécu psychique et la manière dont on a projeté telle ou telle identité sur l’enfant.« La notion de genre vient désigner ce qui ne relève pas directement d’un substrat biologique mais qui est lié à des représentations psychiques, elles-mêmes liées à des représentations sociales », résume le philosophe Thibaud.
Ainsi depuis une vingtaine d’années, de nombreuses institutions de développement et acteurs non étatiques au Sud comme au Nord constatent et affirment que les répercussions économiques, sociales et environnementales des inégalités de genre constituent une des principales entraves à l’exercice des droits humains et aux objectifs du développement durable, en premier lieu la gouvernance démocratique.De plus, l’expérience a montré que la prise en compte des rapports sociaux entre femmes et hommes accroît l’efficacité des actions de développement.Le Groupe de Recherche et d’Appui aux Initiatives Mutualistes qui capitalise 18 ans d’expérience, de promotion du changement pour le développement apprécie dans le sensl’importance de l’approche genre qui promeut l’égalité des hommes et des femmes dans l’accès aux ressources et aux bénéfices du développement.