LES CELLULES DE VEILLE CITOYENNE RENFORCENT LE DIALOGUE AUTOUR DE LA PROTECTION SOCIALE AU SENEGAL

Dans le cadre de son programme de suivi citoyen de l’effectivité des politiques de protection sociale, INSP!R-Sénégal a accompagné, en décembre 2025, plusieurs Cellules de Veille Citoyenne (CVC) dans les régions de Thiès, Kaolack, Diourbel, Saint-Louis et Ziguinchor. À travers une série d’émissions radiophoniques, de mobilisations communautaires et d’espaces d’échanges, ces initiatives ont permis de rapprocher les populations des dispositifs de protection sociale, de renforcer l’information sur leurs droits et de favoriser un dialogue direct entre citoyens, professionnels de santé, responsables de mutuelles et autorités publiques.

Les radios communautaires et les médias locaux ont constitué le principal canal de sensibilisation. Diffusées en français et en langues nationales, les émissions ont abordé les principaux programmes de protection sociale mis en œuvre par l’État, notamment le Plan Sésame, la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans, la prise en charge de la césarienne, l’assurance maladie à travers les mutuelles de santé, la Carte d’Égalité des Chances, la Bourse de Sécurité Familiale, la dialyse ainsi que les Maladies Tropicales Négligées (MTN).

Ces espaces interactifs ont permis aux bénéficiaires de partager leurs expériences, de poser leurs questions et d’exprimer les difficultés rencontrées dans l’accès aux soins. Les interventions des professionnels de santé et des responsables institutionnels ont, quant à elles, contribué à mieux expliquer le fonctionnement des différents dispositifs et à corriger certaines idées reçues.

Les échanges organisés dans les différentes régions ont mis en évidence les progrès réalisés par les politiques publiques de protection sociale. Les participants ont salué les efforts consentis pour améliorer l’accès aux soins des personnes âgées, des femmes enceintes, des jeunes enfants, des personnes vivant avec un handicap ainsi que des ménages les plus vulnérables.

Toutefois, les débats ont également révélé plusieurs difficultés communes qui limitent encore l’effectivité de ces programmes. Parmi les principales préoccupations figurent les ruptures de médicaments, la couverture incomplète de certains examens ou traitements, les retards de remboursement aux structures sanitaires et aux mutuelles de santé, les disparités entre les territoires, ainsi que le déficit d’information des populations sur leurs droits.

Les discussions ont également souligné les difficultés de viabilité financière rencontrées par certaines mutuelles de santé, confrontées à la baisse des adhésions et aux retards de financement, alors même qu’elles constituent un maillon essentiel de la Couverture Sanitaire Universelle.

Dans toutes les régions, les échanges ont insisté sur la complémentarité entre les programmes de gratuité et les mutuelles de santé. Les intervenants ont rappelé que les dispositifs tels que le Plan Sésame ou la gratuité des soins ne couvrent pas l’ensemble des dépenses médicales et que l’adhésion à une mutuelle permet de réduire les coûts restant à la charge des ménages.

Cette complémentarité apparaît également comme un levier important pour améliorer la prise en charge des personnes atteintes de Maladies Tropicales Négligées et des autres groupes vulnérables.

Les activités ont également mis en lumière la nécessité de renforcer la communication de proximité. Dans plusieurs localités, de nombreux bénéficiaires potentiels connaissent encore mal les conditions d’accès aux programmes sociaux ou ignorent l’existence de certains dispositifs.

Les campagnes de sensibilisation ont ainsi permis de mieux faire connaître les droits des citoyens, de promouvoir l’adhésion aux mutuelles de santé, mais aussi d’informer les populations sur la prévention et la prise en charge des Maladies Tropicales Négligées.

Au-delà de la diffusion d’informations, ces initiatives ont constitué de véritables espaces de participation citoyenne où les préoccupations des populations ont pu être directement portées auprès des décideurs et des services techniques.

À l’issue des différentes activités, plusieurs recommandations convergentes ont été formulées. Elles portent notamment sur :

– le renforcement de la communication autour des dispositifs de protection sociale ;
– l’amélioration du ciblage des bénéficiaires ;

– la réduction des délais de remboursement aux structures sanitaires et aux mutuelles de santé ;
– l’amélioration de la disponibilité des médicaments et des examens pris en charge ;

– le renforcement des mécanismes de plainte et de contrôle citoyen ;

– une implication accrue des collectivités territoriales dans le financement et l’accompagnement des mutuelles de santé ;

– la poursuite des actions de sensibilisation sur les MTN et sur les droits des bénéficiaires.

À travers ces initiatives menées dans plusieurs régions du Sénégal, les Cellules de Veille Citoyenne confirment leur rôle central dans le suivi citoyen des politiques publiques de protection sociale. En facilitant le dialogue entre les populations, les professionnels de santé, les mutuelles et les autorités publiques, elles contribuent à améliorer la connaissance des droits, à documenter les difficultés rencontrées sur le terrain et à nourrir un plaidoyer fondé sur les réalités vécues par les citoyens.

En accompagnant cette dynamique, INSP!R-Sénégal réaffirme son engagement en faveur d’une protection sociale plus inclusive, plus transparente et plus efficace, au bénéfice des populations les plus vulnérables. La mobilisation des Cellules de Veille Citoyenne démontre que la participation citoyenne constitue un levier essentiel pour renforcer l’effectivité des politiques publiques et promouvoir un accès équitable aux droits sociaux sur l’ensemble du territoire.